Rôle de l'exercice dans la gestion de l'encéphalopathie hépatique

par David Guyonnet le 2018-08-16
Catégorie : Actualités

D'après une récente étude parue dans Journal of Clinical and Experimental Hepatology, l'exercice physique pourrait être une approche thérapeutique efficace pour optimiser la masse musculaire et donc réduire l'hyperammoniémie et potentiellement le risque d’encéphalopathie hépatique (EH) chez les patients atteints d'une maladie hépatique chronique.

Fragilité, sarcopénie et malnutrition

Le muscle squelettique peut substituer le foie dans l'élimination de l'ammoniac au cours de la cirrhose, car il contient une enzyme appelée la glutamine synthétase qui élimine ammoniac par l'amidation du glutamate en glutamine. Par conséquence, une diminution de la masse musculaire associé à une malnutrition et a un hyper catabolisme, pourrait nuire à l'élimination de l'ammoniac de la circulation systémique et augmenterait le risque d'hyperammoniémie chez les patients atteints de cirrhose.

Une hyperammoniémie peut, elle-même, précipiter une sarcopénie (syndrome caractérisé par une perte progressive et généralisée de la masse musculaire squelettique et de la force ou de la performance physique) par synthèse protéique et une élévation de l'autophagie.

La sarcopénie, la perte de masse musculaire lié à une malnutrition (perte d'appétit, mauvaises habitudes alimentaires) et à l'augmentation du catabolisme sont des composantes essentielles dans le concept de fragilité, qui est actuellement un facteur prédictif de cause de mortalité chez les patients cirrhotiques.

Par conséquent, l'optimisation de la masse musculaire et des fonctions musculaires permettrait d'atténuer les complications liées à la cirrhose.

L'activité physique

Nous savons qu'il existe une association importante entre inactivité et pertes de la masse et des fonctions musculaires.

Il a été démontré dans une étude Japonaise en 2013 (https://doi.org/10.1111/hepr.12085) que le manque d'activité physique exacerbe l'atrophie musculaire chez les patients cirrhotiques.

Les complications de la cirrhose, tels que la malnutrition, la surcharge liquidienne, l'ascite et la fatigue, limitent la pratique d'une activité physique. Cependant, plusieurs essais randomisés sur des patients cirrhotiques (CHILD A/B) montrent que l'exercice pratiqué en aérobie modéré est bien toléré et améliore la masse musculaire.

De plus, l'activité physique a pour effet de diminuer l'hypertension portale. Celle-ci représente la cause sous-jacente de la plupart des complications liées à la cirrhose.

Activité physique, cirrhose et encéphalopathie hépatique

Activité physique et microbiote

De plus en plus de preuves indique qu'une dysbiose du microbiote intestinal et l'absorption de produits nocifs tels que l'ammoniac, les indoles, les oxindoles et les endotoxines pourraient être lié au processus d'encéphalopathie hépatique.

Il a été rapporté que les patients atteints d'une encéphalopathie hépatique présentaient une composition différente du microbiote dans de nombreuses région du tube digestif.

L'activité physique a montré son intérêt dans la modulation et la diversité du microbiote intestinale (http://dx.doi.org/10.1136/gutjnl-2013-306541) et dans la réduction de la translocation bactérienne chez les patients cirrhotiques.

Quelle stratégie nutritionnelle adoptée ?

Pour aller plus loin :

https://doi.org/10.1016/j.jceh.2018.07.006

Mots-clés : encéphalopathie hépatique, exercice physique, nutrition, cirrhose, santé, muscle, protéines, BCAA, microbiote