Une parade hygiéno-diététique contre la dépression

par JIM le 2018-03-21
Catégorie : Actualités

Dans le cadre de l’African American Health (AAH)[1], une étude longitudinale sur la santé d’une population d’origine afro-américaine vivant à Saint-Louis (Missouri, aux États-Unis), des chercheurs ont évalué l’incidence des facteurs nutritionnels (plus précisément la consommation de fruits et légumes) et celle de l’activité physique sur l’expression clinique d’une symptomatologie dépressive.

Portant sur une cohorte d’un millier de sujets âgés de 49 à 65 ans lors de la première étape (2000–2001), cette étude prolonge ainsi d’autres enquêtes épidémiologiques montrant que les niveaux de consommation de fruits et légumes et la pratique d’une activité physique régulière sont « bas dans la population des États-Unis. » D’autre part, selon ces travaux antérieurs, ces déficits d’ordre hygiéno-diététique se révèlent « plus prononcés chez les sujets d’origine Afro-Américaine que chez les Blancs. »

Fruits et légumes et activité physique régulière…

Cette étude confirme que la consommation de fruits et légumes ainsi que la pratique régulière d’une activité physique ont « des effets protecteurs contre la symptomatologie dépressive », du moins dans la cohorte considérée (qui n’est pas représentative de l’ensemble de la population des États-Unis, puisqu’il s’agit d’un échantillon ethniquement et géographiquement particulier). Mais il est tentant de généraliser cette conclusion, en supposant que l’un de ces mécanismes protecteurs serait un ensemble de « composés à activité anti-oxydante » présents dans les fruits et les légumes. S’apparentant à des « alicaments », ces produits naturels dans l’alimentation agiraient soit par une « action directe », avec un effet (thérapeutique) analogue à celui d’un médicament antidépresseur, soit par un impact indirect (sur une ou plusieurs molécules présentes dans le cerveau) entraînant une « modulation favorable de mécanismes neuro-inflammatoires et de la synthèse de facteurs neurotrophiques. »

Malgré les limitations de cette étude (en particulier l’incertitude portant sur sa transposition à la population générale des États-Unis et a fortiori à toute l’humanité), ses conclusions restent intéressantes : l’augmentation de la consommation de fruits et de légumes et la promotion d’une activité physique régulière contribueraient probablement à réduire certains facteurs hygiéno-diététiques de prédisposition à la dépression.

Activité physique, alimentation, des alliés pour diminuer la dépression

Pour aller plus loin :

Ribeiro SML et coll.: Fruit and vegetable intake, physical activity, and depressive symptoms in the African American Health study. Journal of Affective Disorders 220 (2017): 31–37. [1] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3847628/

Mots-clés : dépression, alimentation, fruits, légumes, activité physique